PRENDRE CONSCIENCE DE NOTRE CHANCE

 

 

Dvar torah de Hizouk sur hanouka

 

Le Choulhane Aroukh (Orah Haim 671/5) enseigne le devoir général de placer les lampes de hanouka à l'extérieur, devant l'entrée de la maison, durant les huit jours de la fête.

Or, dans le cas où l'on habiterait l'étage supérieur, on les exposera à la fenêtre de manière à ce qu'elles soient visibles de l'extérieur.

 

Mais en période de danger, il suffira de poser la Hanoukia sur une table à l'intérieur de la maison.

 

Une réflexion s'impose : sachant que "le Pirssoumé Nissa"(la publication du miracle) constitue l'essentiel de l'allumage des Nérot de Hanouka, quelle est donc l'utilité de les placer à l'intérieur devant nous, sans que personne ne puisse les voir de l'extérieur ?

Cela ne serait il pas considéré comme une annulation complète de la mitsva?

 

À priori, si nos Maitres ont trouver nécessaire, en période de danger, de nous dispenser de "l'effet publicitaire" de cette mitsva, pourquoi ne nous ont ils pas totalement exempter ?

Quel est l'intérêt d'un tel compromis puisqu'on ne pourra pas obtenir le "Pirssoumé Nissa" !?

 

L'idée qui s'en dégage est que cette mitsva a un double objectif, le premier est d'accomplir notre devoir vis à vis de notre entourage, celui de diffuser et publier le miracle au grand public, mais le second est de nous faire prendre conscience, nous même de la grandeur infinie d'Hachem, et prendre conscience de sa bonté à notre égard.

Cette lumière nous motivera également à prendre exemple sur les Hashmonaïm (les Cohanim) qui ont fait preuve d'un grand héroïsme et étaient prêts à sacrifier leur vie pour préserver notre patrimoine  spirituel, menacé par les décrets grecs qui visaient le déracinement de la Thora.

 

Si le premier objectif ne peut être atteint pour une raison quelconque, le second n'en est pas moins important, il consiste à transmettre aux générations à venir, nos propres enfants, le secret de "l'existence surnaturelle d'Israël" et la compréhension que le destin de notre peuple dépend de la miséricorde Divine, allant parfois à l'encontre des lois de la nature, tel que cela fut le cas lors du Ness de Hanouka, où les forts tombèrent entre les mains des faibles, et les nombreux entre les mains des peu nombreux.

 

C'est cette prise de conscience qui a donné à nos ancêtres la force et le courage de surmonter les difficultés de l'exil.

Grace à leur Emouna (foi) et Bitahon (confiance) en Hachem,

Ils ont enduré fièrement leur sort, sachant que les décisions de notre Père céleste, ne peuvent être que positives, même si elles ne sont pas toujours comprises par l'être humain.

 

C'est cette proximité avec le Créateur, présente en permanence dans leur esprit, qui les rassurait.

Ils se sentaient surélevés (supérieurs aux autres) malgré la précarité de leur situation physique ou financière.

 

Le plus pauvre des juifs, se sentait plus noble que le seigneur de la région, sachant qu'appartenant au AM ISRAËL peuple élu de D. ainsi par la richesse de ses mérites spirituels, son mode de vie parfait grâce à l'accomplissement des Mitsvot de la Thora, lui octroyait une valeur inestimable aux yeux d'Hakadoch Baroukh Hou.

 

Pour illustrer l'idée, voici une petite anecdote du célèbre Rabbi Israel Baal Chem Tov (le B.Ch.T)

 

Le B.Ch.T avait l'habitude de voyager et de traverser de nombreux villages afin de diffuser la thora auprès de leurs habitants. Une fois, lors d'un grand périple par temps glacial, il fit une pause dans une auberge.

 

L'aubergiste non juif s'adressa au Rav : «Mr le Rabbin, j'ai appris que vous êtes un homme saint et que vos bénédictions ont guéri beaucoup de gens, plusieurs d'entre eux n'étaient pas de confession juive. Je vous en prie, je rencontre de nombreux problèmes de santé, priez pour moi et bénissez moi Svp ».

 

Le B.Ch.T. répondit, je suis désolé, ma bénédiction ne pourra vous guérir, car vous n'êtes pas vraiment malade, vous avez tout simplement un mode de vie très permissif, ce sont les abus sur le plan alimentaire ainsi que d'autres plaisirs charnels qui vous causent tant de troubles de santé, il suffit de tempérer et modérer votre conduite et tout ira mieux.

 

L'aubergiste essaya de faire pression et argumenta : «mais enfin cher Rabbin, j'imagine que vous aussi, devez vous permettre ce genre de choses qui font les plaisirs de la vie !?»

Le Becht répondit : moi, je suis vieux et ce genre de choses banales, ne me tentent pas.

 

Ses élèves qui avaient assisté à la discussion, l'interrogèrent par la suite : «Rabbenou, pourquoi ne lui avez vous pas expliqué tout simplement que "ce genre de choses" nous sont interdites par la thora ?»

 

Le Becht répondit, « Que pourra comprendre un goy, quant à la kedoucha d'Israel ?»

 

Plus tard, lorsque le Rabbi Baroukh de Mezibouz (son petit fils) racontait cette histoire, il ajoutait «Ce qui me gêne est que nous même, ne sommes pas suffisamment conscients de notre privilège ; si nous avions connaissance de notre richesse spirituelle, nous l'aurions correctement exploitée et accompli les Mitsvot avec plaisir, sachant que la Thora assure notre bien être dans les deux mondes, Olam Hazé et Olam Habba.

 

Voici donc le rôle de la petite flamme de Hanouka posée sur notre table, elle véhicule un message perpétuel qui consiste à nous faire réaliser la chance qui est la notre, d'être géré par la providence Divine secret de la survie d’Israël, malgré les nombreux dangers qui le menace.

 

Cette lumière rappellera également à nos descendants que, tout comme les Hashmonaïm une petite poignée d'hommes s'étant dévoués au péril de leur vie à défendre la Thora, ont réussi à restaurer la Avoda dans le Beth Hamikdach ainsi Hachem donnera tous les moyens de réussite à ceux qui souhaitent ardemment perpétuer le message Divin, chose que les grecs reniaient et désiraient faire oublier.

 

Rav E.A.

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