LE FABULEUX MESSAGE DES FEVES CONCASSEES

 

 

Dvar torah sur la parachat Vayigach et Vayéhi

 

Dans le passouk (45,23), après avoir découvert ses frères, Yossef envoie à son père 10 ânes chargés des saveurs d’Egypte et 10 ânesses chargées de blé et de pain pour le voyage.

Quelles sont ces saveurs d’Egypte?

 

Rashi nous donne deux commentaires pour les saveurs d’Egypte:

- la guémara méguila nous dit que Yossef a envoyé du vieux vin car les personnes âgées l’apprécie beaucoup

- le midrach nous dit qu’il s’agissait de fèves concassées.

Nous comprenons pourquoi Yossef envoie du vieux vin, car cela fait plaisir à son père mais des fèves concassées…

A quoi faisait-il allusion en lui envoyant des fèves ?

 

Yaakov appréhendait son séjour en Egypte car il connaissait la suite des évènements et que ses enfants n’en sortiront qu’après un esclavage atroce, de très grosses souffrances et persécutions. Ainsi Yossef cherchait à l’encourager par des allusions :

 

- Par l’envoi des ânes il lui transmettait le message suivant:

Tout comme un âne chargé de nourriture, ne fait que la volonté de son maitre, ainsi ce que mes frères m’ont fait subir et qui paraissait être une initiative personnelle, n’était en réalité rien d’autre que leur mission dictée par la volonté d’Hachem,

 

- Par l’envoi des fèves concassées il lui transmettait le message suivant:

Elles étaient concassées en 6 morceaux, faisant ainsi allusion aux femmes en Egypte qui accoucheraient de façon miraculeuse de sextuplés, ce qui signifiait que les souffrances endurées en Egypte leur procureront la Braha.

 

On tire des messages envoyés par Yossef à son père que les souffrances sont synonymes et clés de Brakhot futures.

 

Cette notion que Yossef a voulu transmettre à Yaakov a été progressivement oubliée par les nouvelles générations des bné-Israel.

Rashi explique que l’angoisse de la servitude avait commencé après que Yossef fut décédé, les égyptiens exigeaient des bné-israel qu’ils participent aux tâches collectives et cela les angoissait, c’est la raison pour laquelle la paracha de Vayéhi est stouma = fermée (elle n’a pas de paragraphe), traduisant ainsi l’angoisse éprouvée par les bné-Israel, car Hachem est présent avec nous dans les souffrances IMO ANOKHI BETSARA et donc Il a exprimé leurs ressentiments à travers la « fermeture » de la paracha Vayéhi.

 

Si les bné-Israel s’étaient souvenus du message de Yossef à son père, ils n’auraient pas ressenti cette angoisse puisque les égyptiens ne pouvaient pas leur faire de mal sans que ce soit la volonté d’Hachem et auraient su que ces souffrances inévitables se transformeraient un jour en Brahot…

 

Une petite histoire pour illustrer cette idée…

 

Un homme possédait un petit super marché dans une rue bien fréquentée de Yérouchalaïm pendant de longues années. Un jour, un concurrent ouvrit à coté de son magasin avec en prime des prix cassés. L’homme qui était affligé de voir sa parnassa diminuée de jour en jour se rendit chez Rav Zylberstein pour savoir quoi faire… celui-ci lui conseilla de ne pas se disputer et de céder la place si nécessaire… et c’est ce qu’il finit par faire.

Il trouva un autre magasin dans un quartier éloigné du centre de la ville, et s’y installa. Dans le bâtiment du nouveau magasin, habitait une vieille femme qui venait faire ses courses régulièrement au magasin. L’homme aidait souvent cette vieille dame à monter ses courses il lui envoyait également ses enfants pour l’aider dans le ménage de la maison. Après un an et demi de bon voisinage, un soir, à l’heure de la fermeture du magasin, la vieille dame lui demanda de rouvrir le magasin afin de discuter d’un sujet important car elle sentait sa fin approcher. L’homme au bon coeur prit patience et fit ce qu’elle demandait. Elle lui raconta qu’elle possédait 5 millions de dollars en plus de sa maison, et qu’elle n’avait plus de famille car ils avaient tous péri lors de la Shoa. Etant donné qu’elle voyait en lui quelqu’un de très bien, elle voulait lui léguer tout ce qu’elle possèdait. Pour cela, elle lui demanda donc s’il pouvait se rendre disponible dès le lendemain afin de faire le nécessaire auprès de l’avocat.

 

L’homme repartit chez Rav Zylberstein pour lui raconter ce retournement de situation et lui dire que la malédiction s’était transformée en bénédiction.

Le Rav ému et heureux lui dit après réflexion qu’en réalité depuis le départ les souffrances n’étaient qu’un moyen d’arriver à la braha : « Hachem voulait te donner cette richesse mais comment allais-tu rencontré cette dame qui habite dans un quartier excentré de la capitale, pour cela Hachem t’a amené le concurrent pour générer toute la braha extraordinaire dont tu peux à présent profiter pleinement…

 

Chabat chalom

 

Rav E. A.

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